[Presse] Capital / Ces français qui ont fait fortune grâce au bitcoin


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    Capital - n° 317 - Février 2018 - 4,90€

    Ces français qui ont fait fortune grâce au bitcoin

    Passée de technologie mystérieuse à investissement hautement spéculatif, la monnaie virtuelle est aussi un business dans lequel brillent de nombreux Français. Par Grégory Raymond

    Extrait Lorsque le patron du Sof’s Bar tend son smartphone aux clients, c’est qu’il espère un paiement dans une devise un peu particulière : le bitcoin. Cet établissement parisien fut l’un des premiers, dès 2013, à accepter la monnaie virtuelle. Quand le gérant Sofiane Bouhaddi s’est lancé, un mojito coûtait seulement 0,25 bitcoin. Aujourd’hui, ce montant correspond à plus de 3 000 euros ! Et comme notre barman assure n’avoir dépensé aucun de ces bitcoins encaissés depuis quatre ans… cela le place à la tête d’une petite fortune ! Enfin, si les valeurs stratosphériques atteintes par cette monnaie fin 2017 se maintiennent. Pensez donc: alors que 1 bitcoin s’échangeait à 900 euros en janvier 2017, la devise électronique s’arrachait à plus de 14 000 euros fin décembre quelques jours après avoir enregistré un record à 17 000 euros. (…) Prenons le problème de la sécurité. Fin décembre, on apprenait le piratage d’une plate-forme d’échange de monnaies virtuelles basée en Corée du Sud. Avec lui, le vol de 17% des avoirs en dépôt et la faillite de l’entreprise. Bonne chance pour réclamer ses bitcoins après ça ! Et ce type d’attaques survient plusieurs fois par an… Pour s’en prémunir, Eric Larchevêque a une solution toute trouvée : sa société, Ledger, propose un portefeuille électronique réputé inviolable. Son modèle star est le Ledger Nano S, vendu 70 euros. « On en a écoulé plus de 1 million en 2017 », avance fièrement cet ingénieur, qui a des clients partout dans le monde. A voir ses nouveaux locaux, un loft luxueux au coeur de la capitale, on le croit sans peine. Sûr de son fait, ce grand gaillard a l’ambition de créer « un géant technologique européen ». Il faut dire qu’Eric Larchevêque est une personnalité incontournable du secteur: il a co-fondé en 2014 la Maison du bitcoin, un courtier en monnaies virtuelles qui dispense aussi des formations. L’établissement assure recevoir 400 appels par jour. Le bitcoin prospère sans banquiers et sans agences. Il a par contre besoin de « mineurs ». Leur job est de valider les transactions sur le réseau bitcoin. Une activité rémunérée… en bitcoins, bien sûr! Mais il faut un sacré matériel informatique pour ça. C’est là qu’intervient Owen Simonin, 20 ans, tout juste sorti de son école de commerce. Ce Mosellan propose des ordinateurs spécialement paramétrés pour le « minage » : sélection des composants, optimisation des machines, connexions aux meilleures plates-formes… Sa société Just Mining s’occupe de tout! Les ordinateurs sont vendus entre 800 et 3 400 euros pièce. « En sept mois d’existence, on a réalisé un chiffre d’affaires de 700 000 euros », se félicite ce bébé entrepreneur, qui publie aussi des vidéos pédagogiques sur YouTube. « Au départ, c’était pour m’amuser. Désormais, elles servent à asseoir la notoriété de ma société », explique-t-il. Aujourd’hui, même les cadors de la finance classique se penchent sur le bitcoin. (…) Alors, le bitcoin, une devise bientôt comme les autres ? Sa volatilité rebutera ceux qui n’aiment pas les montagnes russes. C’est le principal frein pour les commerçants susceptibles d’accepter ce type de paiement. Pierre Noizat (Paymium) sait comment les rassurer. « Nous fournissons un système qui convertit instantanément les bitcoins en euros sur le compte du professionnel », explique-t-il. Pour l’instant, seules quelques centaines de boutiques sont équipées, la plupart du temps pour se faire un coup de pub à peu de frais auprès des technophiles. « Le marché n’est pas encore mûr, mais nous comptons nous imposer dans deux ou trois ans », prophétise ce polytechnicien passé par Canal+ et Orange. En attendant, Paymium propose surtout une plate-forme de trading où s’échangent plusieurs millions d’euros chaque mois. « Pour nous, le bitcoin est devenu une activité très rentable », conclut Pierre Noizat. On le croit sur parole.

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