[Presse] Les Echos / Une plaie pour la planète ?

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    Les Echos - Supplément spécial - Édition du vendredi 19 janvier 2018

    Une plaie pour la planète ?

    L 'activité de « minage » demande une grande quantité d’électricité pour faire fonctionner la cryptomonnaie. Mais il existe en réalité peu de certitudes sur la pollution réelle du bitcoin. Par Etienne Goetz

    Extrait
    De combien d’électricité le bitcoin a-t-il besoin ? Il existe en réalité sur le sujet peu de certitudes. Si ce n’est celle que le bitcoin consomme beaucoup d’énergie. (…) Il est cependant impossible de donner la consommation exacte du réseau : « Aucun ‘mineur’ ne révèle le matériel qu’il utilise, car ce serait donner des informations à la concurrence », rappelle Alexandre Stachtchenko, cofondateur de Blockchain Partner et président de l’association La Chaintech. De fait, tous les chiffres qui circulent ne sont que des estimations prenant la moyenne d’une fourchette. (…)
    Cette électricité pollue-t-elle ? (…) Le bitcoin pollue, c’est une certitude. (…) On sait seulement que les « mineurs » recherchent avant tout à s’implanter là où l’électricité est abondante et la moins chère, et où les températures sont fraîches pour refroidir les fermes à moindre coût, comme au Canada. En Chine, ce n’est pas toujours le cas près des centrales à charbon, mais aussi au pied des barrages hydrauliques comme dans la région du Sichuan. « Les ‘mineurs’ exploitent les surcapacités dans certaines régions (issues de centrales […] construites pour approvisionner des projets industriels qui n’ont jamais vu le jour) pour ‘miner’ et éviter que l’énergie ne soit entièrement perdue », analyse l’étude de Cambridge. En Islande, la géothermie est une des principales sources d’énergie.
    la monnaie traditionnelle pollue-t-elle moins ? En somme, le bilan carbone du bitcoin n’est pas aussi noir qu’on pourrait le croire. Surtout, il ne l’est pas forcément plus que le système financier actuel. Selon des estimations, miner de l’or est plus énergivore. Sans compter la consommation des banques, celle pour imprimer des billets et pour les transporter, etc. Sur la question énergétique, « le débat est biaisé par une querelle idéologique, déplore Alexandre Stachtchenko, le bitcoin consommera toujours trop d’énergie pour ceux qui le jugent inutile ».
    Il existe toutefois des solutions techniques : augmenter la taille des blocs ou passer d’un système de « proof of work » à un système de « proof of stake », où chaque « mineur » doit remettre en jeu une partie de ses actifs, confisqués en cas de triche. Mais une partie de la communauté refuse de faire évoluer le protocole pour préserver la sécurité du bitcoin. (…) C’est grâce à toute cette énergie et c’est « parce que tous les ordinateurs protègent le réseau que le bitcoin a autant de valeur », analyse un consultant d’Harwell Management. (…) Jusqu’à présent, seul le système énergivore de « proof of work » a fait les preuves de sa robustesse. C’est grâce à toute cette énergie et c’est « parce que tous les ordinateurs protègent le réseau que le bitcoin a autant de valeur », analyse un consultant d’Harwell Management. (…)

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