[Presse] Vanity Fair ● Le casse de glace ou «Enquête au paradis perdu du bitcoin»

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    [ Vanity Fair ⎟ N° 76 ⎟ Édition de février 2020 ⎟ Pages 62-69 ]

    Le casse de glace

    Avec son énergie géothermique bon marché et sa criminalité quasi inexistante, l’Islande s’est imposée comme le leader mondial du bitcoin. Puis les premiers braqueurs sont arrivés… Par Mark Seal. Traduit de l’anglais par Florence Boulin.


    Extrait Il avait l’impression d’être suivi. Son chien aboyait au milieu de la nuit. Sa femme voyait des ombres furtives rôder autour de leur maison. Un soir, il se réveilla et trouva sa porte ouverte. Et maintenant, il était malade : la nausée l’avait saisi par vagues au cours d’une ronde. Sa garde de nuit impliquait plusieurs inspections entre le crépuscule et l’aube, à la recherche du moindre signe suspect. Avec le même résultat : rien. Il était le seul agent de sécurité au data-center Advania, situé sur une ancienne base américaine non loin de l’aéroport de la capitale islandaise, Reykjavík. Son travail consistait à veiller sur deux hangars pleins de boîtiers informatiques, gros comme deux paquets de cigarettes, empilés à perte de vue. Ces appareils, reliés de câbles et de fils, surchauffaient dans un seul et unique objec­tif : « miner du bitcoin ». C’est-à-dire, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, faire des calculs capables de fabriquer cette célèbre crypto-monnaie dont le cours est monté jusqu’à 16 700 euros fin 2017 (contre 7 000 euros deux ans plus tard). En résolvant et combinant des chaînes de données chiffrées, ces boîtiers participaient à la sécurisation et au déve­lop­pement du réseau mondial d’argent numérique. Et généraient, pour le travail accompli, des fortunes pour leurs propriétaires. Advania, géré par le plus grand opérateur de télécommunications d’Islande, encaissait des revenus annuels estimés à plusieurs millions. La ronde de nuit était la pire – le pays était plongé dans le noir dix-neuf heures par jour et le soleil se montrait bien chiche le reste du temps. Pris dans le froid arctique de ce soir de janvier, l’agent de sécurité voyait son état se dégrader de minute en minute. Vers 22 heures, il sauta dans sa voiture et fila chez lui, direction les toilettes sans escale. « Diarrhée », déclarera plus tard un avocat. Quand il ressortit, il était trop faible pour marcher. Il s’allongea sur le canapé – juste une minute ! – et s’endormit immédiatement. –> (…)

    L’article complet également en ligne : https://www.vanityfair.fr/pouvoir/business/story/business-enquete-en-islande-le-paradis-perdu-du-bitcoin/11217

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