[Presse] Le Temps ● Monnaie inflationniste ou déflationniste?


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    Le Temps - Édition du lundi 19 mars 2018

    Monnaie inflationniste ou déflationniste?

    L’inflation détermine la tendance à long terme de la monnaie. D’où la force du franc. Les cryptomonnaies seraient des «monnaies déflationnistes», donc encore plus fortes que les autres. La réalité est plus compliquée qu’il n’y paraît. Par Emmanuel Garessus

    Extrait (…) Aujourd’hui, les taux d’inflation sont extrêmement bas et très proches les uns des autres dans les principales régions. Il est donc difficile de distinguer les monnaies les plus inflationnistes. (…) Les spécialistes des crypto-monnaies profitent d’ailleurs de cette incertitude [l’évolution des taux de change, NDLR] et qualifient les monnaies des banques centrales, dites «fiat currencies», comme des monnaies «inflationnistes» et les cryptomonnaies dont le nombre est limité comme des monnaies «déflationnistes». Effectivement l’offre de bitcoins est limitée à 21 millions. Le dernier d’entre eux sera émis en 2140. Le monde des cryptomonnaies n’est pourtant pas beaucoup plus simple que celui des monnaies des banques centrales. (…) «Comme le bitcoin est reconnu pour son nombre limité, il entre parfaitement dans la catégorie «déflationniste», confirme Arnaud Masset, analyste auprès de Swissquote. (…) Son système de validation est mathématique, (preuve de travail). L’ether, qui est la deuxième plus importante cryptomonnaie en termes de capitalisation (…). Mais il existe déjà une troisième génération d’actifs virtuels, à l’image du Neo, l’«Ether chinois». Certains analystes estiment qu’il est soutenu par le gouvernement chinois pour renforcer sa présence dans la technologie blockchain. Les cryptomonnaies dont l’offre est limitée ont peut-être un avantage sous l’angle de l’inflation. Mais la chute des derniers mois (–60% pour le bitcoin) a jeté un froid. (…) «Les cryptomonnaies qui ont été établies pour d’autres objectifs que les paiements et qui ouvrent de nouvelles perspectives en termes technologiques pourraient avoir un bel avenir», affirme Arnaud Masset. C’est tout l’intérêt des recherches sur la blockchain. On comprend pourquoi l’étude d’Incrementum conclut que les «générations futures pourraient employer une combinaison de cryptomonnaies, de matières premières, de monnaies de banques centrales en fonction des moyens servant au mieux leurs objectifs».

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