Les cryptomonnaies : un business model révolutionnaire ? (1/3)



  • Tout le bruit des médias autour des crypto-monnaies élude trop souvent le réel intérêt que ces projets apportent à notre époque : un nouveau business model. L’organisation de chacun de ces projets est très différent de ce que nous avons connu jusqu’à aujourd’hui à tel point que tous nos modèles d’évaluation des entreprises et des titres qu’elles émettent ne sont pas applicables aux nouvelles entités et leur jetons. Avoir une compréhension de la façon dont ces nouveaux systèmes vont créer de la valeur est indispensable pour ensuite discerner les différents types des jetons et leurs façons d’interagir avec le réseau.

    Les cryptomonnaies ne sont pas des entreprises, mais des écosystèmes

    Chacun de ces projets reposant sur une blockchain pourrait être comparé à une économie nationale dans laquelle chaque membre du réseau serait un citoyen utilisant une monnaie (les jetons) pour échanger les uns avec les autres, selon des règles établies dans la loi (le protocole). Une crypto-monnaie comme le Bitcoin, peut être définit comme un écosystème autonome créé autour d’un nouveaux protocole, animé par une communauté de développeurs, de mineurs et d’utilisateurs, qui sont rémunérés en jetons émis par le protocole pour les récompenser de leur participation dans le développement du projet. Décomposons cette définition pour mieux la comprendre.

    Un protocole

    Par protocole, il faut entendre un programme informatique qui regroupe toutes les règles de fonctionnement d’une application. Toutes les crypto-monnaies reposent sur un protocole qui est téléchargé par l’ensemble des membres du réseau pour accéder au réseau et utiliser les jetons. Le protocole Bitcoin par exemple, est le programme qui regroupe toutes les règles de fonctionnement du bitcoin. C’est le protocole qui détermine les règles du minage, les conditions de validation des transactions, la rémunération des mineurs, la difficulté de la «Preuve du Travail» («Proof of Work»). Pour acheter ou transférer des bitcoins, vous allez télécharger le protocole Bitcoin par l’intermédiaire de votre portefeuille bitcoin. Notez que l’expression « Bitcoin » fait référence à la fois au réseau bitcoin, au bitcoin que vous échangez et au protocole Bitcoin.

    Une communauté

    Le protocole définit le cadre, mais il n’est rien sans une communauté de développeurs, de mineurs et d’utilisateurs. Les premiers ont créé le protocole et le mettent à jour régulièrement. Les seconds permettent le fonctionnement technique du réseau en ajoutant les blocks à la blockchain. Enfin, les derniers utilisent le service fournit par le protocole en rémunérant les mineurs. Ainsi quand vous transférez des bitcoins, vos frais financent le travail des mineurs. Dans certaines applications comme Steemit ou Augur, les utilisateurs peuvent également être rémunérés pour leur participation dans le réseau.

    Des Dapps (Decentralised Applications) créées à partir de ces protocoles

    Il est important de noter que ces protocoles peuvent être construits au-dessus d’autres protocoles. Il existe en effet de nombreuses applications (reposant elles aussi sur des protocoles) qui sont construites sur le protocole Bitcoin pour bénéficier d’une structure décentralisée et sécurisée (celle de la blockchain et de son réseau) sans avoir à gérer toute la partie crypto-économie, c’est-à-dire la mise à jour de la blockchain par les membres du réseau contre rémunération. Créer une blockchain et avoir un réseau suffisamment important et motivé pour la mettre à jour est en effet une tâche extrêmement complexe à mettre en œuvre. C’est la raison pour laquelle certains développeurs décident d’utiliser la blockchain bitcoin ou des plateformes pour développer leurs applications. Certaines plateformes proposent en effet d’inclure ces protocoles dans des Smart Contracts pour que les développeurs bénéficient de la même manière des fonctionnalités de la blockchain sur laquelle ils sont hébergés. C’est précisément le type de service que propose Ethereum en mettant à la disposition des développeurs un environnement nécessaire pour développer des protocoles ou des applications décentralisées. Ethereum va plus loin que le bitcoin en ce qu’il permet aux développeurs de bénéficier d’un environnement décentralisé reposant sur une blockchain, mais également d’une machine virtuelle capable d’exécuter les commandes plus ou moins complexes des programmes (les Smart Contracts) résidant sur la blockchain. Cette Ethereum Virtual Machine est composée de tous les membres du réseau Ethereum.

    Les jetons ne sont pas des actions

    Lorsque vous détenez des jetons d’une crypto-monnaie, vous ne détenez pas une part du protocole qui les a créés. Un protocole est par définition décentralisé et appartient à l’ensemble du réseau. Par exemple si vous déteniez 51% des bitcoins actuellement en circulation, vous n’auriez pas plus de pouvoir de décision sur l’évolution du réseau ou les changements à apporter au protocole. Il en irait différemment si vous déteniez 51% des capacités de minage (hashing power) puisqu’en théorie vous auriez le pouvoir de décider des blocks qui peuvent être ajoutés ou non à la blockchain. En d’autres termes une crypto-monnaie est avant tout un certificat vous permettant d’échanger la valeur perçue du protocole sur les échanges de crypto-monnaies. Ce business model ne peut être comparé à celui des sociétés traditionnelles dans la mesure où détenir un jeton ne vous donne droit à aucun dividende proportionnel aux profits réalisés par la compagnie ou la fondation ayant créé le protocole (à quelques exceptions près). Les revenus générés par les protocoles sont de natures très différentes et sont créés sous forme de jetons pour rémunérer les utilisateurs ayant participé d’une manière ou d’une autre au développement du réseau. Ce qu’il est important de retenir c’est que les jetons distribués sont créés de toute pièce par le protocole. Ils prennent ensuite de la valeur lorsqu’ils sont échangés sur des échanges de crypto-monnaies, si la demande d’achat de ces jetons est supérieur au nombre de jetons en vente. Cette demande est générée par la valeur créée par le protocole et le réseau en résolvant un problème particulier. Comme nous le décrirons dans les parties II et III de cette série d’article, la valeur d’un jeton est influencée par de nombreux autres facteurs qui doivent être pris en compte pour déterminer la valeur présente et future d’un jeton. En tout cas chaque protocole est créé pour résoudre un problème plus ou moins important:

    • Bitcoin : transfert de la valeur sur internet instantanément, sans considération de distance ou de volumes.
    • Ripple : permet de connecter des réseaux bancaires très compartimentés et communiquant difficilement les uns avec les autres.
    • Ethereum, Neo, Wave, Bitshares : offrent une plateforme de développement d’applications décentralisées.
    • Siacoin, Storj, Filecoin, Maidsafe : mettre à disposition les espaces de mémoires non utilisés dans chaque ordinateur des membres du réseau pour stocker les données des autres membres.

    Tous ces services ont une valeur perçue qui correspond ou non à la réalité. Même s’il existe une part importante de spéculation voir d’euphorie, cette valeur est reflétée dans le prix de revente des jetons sur les échanges de crypto-monnaies. A suivre…

    https://journalducoin.com/altcoins/cryptomonnaies-business-model-revolutionnaire/



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