Society - Édition du 21 mars 2019 Le bitcoin, une créature de Frankenstein" Le 15 mars dernier, Mark Karpelès était condamné par un tribunal de Tokyo à deux ans et demi de prison avec sursis, échappant à la peine de dix ans ferme réclamée par le procureur. Ce Français installé au Japon avait été arrêté en août 2015 dans le cadre d’une enquête sur la disparition de 650000 bitcoins (à l’époque, environ un demi-milliard de dollars) appartenant aux utilisateurs de Mt. Gox, la plateforme d’échange qu’il a créée et par laquelle passaient alors 70% des transactions mondiales de la cryptomonnaie. Après s’être infiltré dans le monde des yakuzas dans son best-seller Tokyo Vice, Jake Adelstein consacre aujourd’hui un livre à l’affaire. Par Ambre Chalumeau et Thomas Pitrel. Extrait (…) Mark Karpelès dit qu’il adore le Japon parce que quand il oublie son ordinateur sur un banc, on le lui rapporte. C’est une histoire charmante, mais quelqu’un qui oublie son ordinateur sur un banc ne devrait pas être à la tête d’une entreprise qui gère des millions de dollars en monnaie virtuelle! (…) Les charges retenues contre Karpelès n’avaient rien à voir avec les bitcoins volés, elles n’étaient là que pour le pousser à avouer quelque chose qu’il n’a pas fait. Au Japon, seulement 1% des accusés sont jugés non coupables. (…) Tous droits réservés