Grexit : quelles conséquences pour Bitcoin ?



  • La sortie prochaine de la Grèce de la zone euro n’est pas une fatalité et il est possible, quoi qu’en dise la directrice du FMI [1], qu’un nouveau délai soit accordé in extremis au gouvernement Grec tant les conséquences d’un défaut de paiement sur l’équilibre financier mondial sont imprévisibles.
    Néanmoins un tel scénario est envisageable et s’il se produit au final, les conséquences pour Bitcoin pourraient être importantes.

    On le sait depuis longtemps, le cours est essentiellement tenu par le marché chinois mais la liquidité modeste du bitcoin (relativement aux monnaies souveraines) le rend particulièrement sensible à tout pic de demande, d’où qu’il vienne. C’est ce qu’on a pu constater lors de la crise financière chypriote de 2013, quand les épargnants ont fuit la menace d’une taxe exceptionnelle sur les dépôts bancaires (même si, à ce moment-là, cette crise n’était sans doute pas la seule cause de la montée du cours).

    Quoi qu’il en soit la Grèce est presque dix fois plus peuplée que Chypre et le défaut de paiement pourrait provoquer une panique bancaire contagieuse. La fuite de capitaux a d’ailleurs déjà commencé en Grèce. Pour la seule journée du lundi 15 juin, ce sont 400 millions d’euros qui auraient quitté le pays (source : boursier.com). Si le défaut de paiement est acté, l’hémorragie ne pourra être stoppée que par la mise en place d’un contrôle strict des capitaux, par exemple des plafonds pour les retraits et virements à l’étranger. Nul doute qu’un tel contexte profiterait à Bitcoin.

    Pour autant, si certains particuliers pourraient alors être tentés de placer leurs économies en bitcoins, en aucun cas le gouvernement Grec n’adoptera une telle monnaie de substitution [2]. Tout d’abord parce que l’Etat Grec ne possède pas de bitcoins, ensuite parce que la philosophie déflationniste de Bitcoin n’est pas du tout en phase avec celle de SYRIZA et enfin parce que, tant qu’à imposer une crypto-monnaie au pays, autant en fabriquer une afin de pouvoir la pré-miner pour emplir les caisses de l’Etat [3]… une solution beaucoup plus rapide et moins chère que d’imprimer des drachmes. Mais entre le retour à l’une des plus anciennes monnaies d’Europe et le saut technologique, peu probable que les grecs soient prêt à choisir la seconde solution.


    • [1] Christine Lagarde, directrice générale du FMI, a déclaré aujourd’hui qu’Athènes ne bénéficierait d’aucun délai de grâce.
    • [2] Certes, Yánis Varoufákis, ministre des finances de la Grèce, a déclaré un jour : « La Grèce adoptera le bitcoin si l’Eurogroupe n’accepte pas notre accord »… mais c’était le 1er avril !
    • [3] Le ministre des finances de la Grèce s’intéresse d’ailleurs de près aux crypto-monnaies puisque l’année dernière encore il imaginait l’existence d’un FTCoin (Future Tax Coin). A lire sur ce point le blog de Yánis Varoufákis.


  • çà devient sérieux là

    http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRKBN0OY1XP20150618

    ATHENES (Reuters) - Les retraits des banques grecques s’accélèrent depuis le blocage le week-end dernier des négociations entre Athènes et ses créanciers, a-t-on appris jeudi de sources bancaires.

    Les déposants ont retiré deux milliards d’euros sur les trois premiers jours de la semaine, soit environ 1,5% du montant total des comptes des banques du pays, qui s’élevait à 133,6 milliards d’euros fin avril, ont précisé les sources.

    La Grèce doit rembourser le 30 juin près de 1,6 milliard d’euros au Fonds monétaire international (FMI) mais les discussions engagées avec ce dernier, la Commission européenne et la Banque centrale européenne (BCE) sont bloquées depuis le week-end dernier.



  • Ouai…;
    c’est vrai que l’une des prochaines étapes serait un contrôle des capitaux…
    C’est ce qui était arrivé en mars ou avril 2013 à Chypre et qui avait entrainé la flambée du cours du Bitcoin…; encore que c’est pas prouvé… Certains disent que l’augmentation du cours du BTC en mars 2013 n’a rien à voir avec la situation à Chypre…

    Ce qui est certain, c’est que la population Grecque est bien plus nombreuse qu’à Chypre et l’onde de choc sera donc plus importante…

    Edit : mince alors, je me suis crevé à écrire tout ça avant de lire l’article “Grexit : quelles conséquences pour Bitcoin ?”… et en fait j’ai presque écrit la même chose… sic